Aussi prudent qu’un serpent

on samedi, 23 août 2014. Posted in Réflexions

 

Dans un journal d'études bibliques pour adultes,* il y avait un sujet intitulé "Le Fils" faisant référence à Jésus-Christ. Dans cette leçon, j'étais très attiré par la sagesse de Jésus qui est une leçon de vie dans le domaine des relations humaines. Cette sagesse peut enseigner comment maintenir autant que possible la paix relationnelle sans renier ses convictions de valeurs humaines et spirituelles, son identité, ou son estime de soi.

 

Il y avait dans la culture hébraïque et juive des termes ou des titres qui pouvaient mettre en difficulté Jésus-Christ même si ces titres le désignaient parfaitement.  Un de ces titres était "le Fils de l’homme, » l’un des préférés de Jésus pour se désigner lui-même. Il parle de lui-même à juste titre en tant que Fils de l’homme plus de quatre-vingts fois. Pourtant, ses contemporains ne se sont jamais adressés à lui de cette manière. Selon le texte biblique de Daniel 7.13 et 14, « et voici que sur les nuées du ciel arriva comme un fils d’homme »(Colombe) qui s’avança « vers l’Ancien des jours, » et il a reçu la domination, l’honneur et la royauté, c'est le texte qui a permis aux Juifs d'identifier ce "Fils de l’homme" au Messie. Cette expression était courante dans l’Ancien Testament. Avec une seule exception, elle faisait toujours référence à un humain.

 

En s'attribuant ce titre "Fils de l'homme" l'objectif de Jésus était d'attirer l'attention de son auditoire sur son identité, sa mission, et son humanité. Il fallait que les juifs comprennent que c'était Lui le Messie attendu et par là qu'il était aussi divin qu’humain. Les juifs n'avaient pas compris que le Messie était aussi Dieu. Le Dieu Messie qui allait plus tard "condamner la mort - le péché, dans la chair" (Rom 8:3) et "goûté la mort pour tous" (Hébreux 2:9).  Le texte messianique du prophète Esaïe (chapitre 61) a bien été reconnu en tant que tel par les juifs. Jésus s'est parfaitement attribué l'accomplissement de cette prophétie (Luc 4:16-22) comme étant son ministère messianique et salutaire du moment présent. Dans son allocution, Jésus n'a pas cité "le jour de vengeance" du texte d'Esaïe car c'était réservé au deuxième événement dans l'extrême triomphe et gloire du ciel où il accueillera les "fruits" du travail de l'Eglise à travers le Saint Esprit durant des siècles.** Ce deuxième événement est attendu par tous les fidèles d’aujourd’hui.

 

Le peuple en général n’acceptait pas qu'un deuxième titre exprime aussi parfaitement l’identité de Jésus comme étant le "Fils de Dieu" ayant le droit de s'asseoir à la droite du père l'Eternel Yahweh (Celui qui est). Le titre de « Fils de Dieu » a non seulement été employé par l’ange Gabriel annonçant sa naissance, (Lc 1.35), mais également par plusieurs personnes en s’adressant à Jésus, (Mt 14.33, Mc 15.39, Jean 1.49, 11.27). Le Père a reconnu Jésus comme son Fils lors de son baptême (Mt 3.17), c’est la même chose lors de la Transfiguration (Mt 17.5). Le titre "Fils de Dieu" a été attribué à Jésus par beaucoup, pourtant il ne l'a pas accepté ouvertement. Il ne l'a pas nié non plus !

 

Ainsi par le titre « Fils de l’homme » Jésus de plein droit pouvait s'autoproclamer Messie, point sur lequel le peuple prêtait guère d'attention, et il pouvait se laisser acclamer par les autres à juste titre comme le divin "Fils de Dieu" sans subir la lapidation d'un peuple qui serait outré par une auto attribution d'égalité à Dieu. Devant le grand prêtre Caïphe du Sanhédrin-le haut conseil juif garant du respect de la Loi et des traditions juives, Jesus a confirmé publiquement qu'il était bien le "Fils de Dieu" et c'est en effet là que sa mort a été déterminée.

 

Quelle sagesse de Jésus ni de nier ni de confirmer qu'il était le Fils de Dieu jusqu'au moment ou sa mission était à son terme. Son intelligence lui a permis d'éviter les conflits avec ses détracteurs sans renier son identité. Dans une démarche de fuir les conflits et par une mission offensive contre le mal, les maladies et les faux enseignements concernant Dieu, Jésus a réussi son pari qui était de faire apparaître son identité divine et son lien avec Dieu sans les mettre en avant. En effet, ceux parmi les humains qui lui attribuaient le titre de "Fils de Dieu" l'ont fait grâce à leur conviction imprégnée par sa vie puissante en actes de compassion et extraordinaire en prodiges accordant le salut.

 

Pour beaucoup, de toute évidence, il possédait le pouvoir de Dieu tout en étant homme. Certains ont finalement compris que Jésus était humain et divin, le Messie aussi puissant et prudent qu’un serpent et aussi simple qu'un colombe.

 

Sean Dowding, Aumônier

 

*Études Bibliques de l'Ecole du Sabbat, du 5 au 12 juillet, 2014.

**Nichol, Francis D.: The Seventh-day Adventist Bible Commentary, Volume 6. Review and Herald Publishing Association, 1978; 2002, S. 17.

 

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