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L'Interprétation privée en métal fondu ?

on mercredi, 02 juillet 2014. Posted in Réflexions

 

 

Encore un Michée (1) ! C’est n’est pas le prophète Michée qui a fait face au mépris d’Achab, roi d’Israel (874-853 Av.JC) homologue de Josaphat, roi de Juda, (2). Ce n’est pas non plus le prophète Michée de Morésheth aux jours de Jotam, d’Achaz, d’Ezéchias, rois de Juda, (740-687 Av.JC) (3), à qui on attribue un des livres des Saintes Ecritures. 

 

Ce Michée est tout simplement un homme de la région montagneuse d’Ephraïm (4). Ce Michée a vécu d’environ 1050 Av. JC. A l’époque il n’y avait pas de leader spirituel du peuple investit par Dieu ni encore de roi. Donc, pas de garant ou surveillant du respect des traditions du peuple et de la loi de Dieu. 

 

La mère de Michée était une descendante de l’héritage hébraïque et théocratique. Elle était réceptrice des oracles et des témoignages concernant les prodiges et la puissance de l’amour de Dieu depuis le temps de Moïse et de Josué. Un incident malheureux était survenu dans son foyer.  On lui avait volé mille sicles d’argent d’environ 10kg. Elle avait prononcé une malédiction sur le voleur en présence de Michée sans savoir que c’était lui le voleur. Selon la loi lévitique (5), Michée savait q’une faute était désormais sur sa tête. Une faute pouvait mériter la mort à cette époque !

 

Michée a finit par confesser. Les pensées de sa mère se tournèrent immédiatement vers les dieux. Elle avait peut-être pensé annuler ainsi la malédiction qu’elle avait prononcée. C’était peut-être une bonne mère qui voulait sauver son fils de la peine lévitique. Elle a fait fabriqué des idoles, un taillé et l’autre de métal fondu. Peut-être elle pensait que les dieux seraient favorables envers Michée car il faisait venir « Dieu » chez lui. Hélas, tout en mélangant le culte du vrai Dieu créateur avec les dieux de leur idolâtrie, contre toute loi et contre toute attente supposée, Michée investit l’un de ses fils qui lui servit de prêtre au nom de Dieu et au nom de leurs dieux. Michée et sa mère étaient devenus idolâtres tout en s’attachant à Yahweh.

 

Est-ce que les chrétiens, un peuple, une nation, ou un parent sont à l’abri de sombrer dans une dérive flagrante sans s’en rendre compte ? Hélas, même l’Ennemi de Dieu se fait dieu. Pourtant le nom Michée « mikayehou »  signifie « Qui est comme Yahweh ? » 

 

Michée eu connaissance de la présence d’un lévite nomade de Beth-Lehem de Juda dans sa région d’Ephraïm. Dans la confusion de son apostasie, Michée avait demandé au lévité d’être prêtre, ministre du culte à la place de son fils, (17:7-13). Les lévites avaient pour vocation de servir dans le sanctuaire et parmi eux les descendants d’Aaron pouvaient être prêtres ou grand-prêtres selon les lois rituelles (6). Ici nul ne sait si ce lévite Beth-Lehemite était descendant d’Aaron. 

 

Michée voulait tout simplement effacer la malédiction de sa mère et de Dieu. Dans la poursuite de cet objectif, il allait à l’encontre des principes qui devraient, en les respectant, assurer la grâce de Dieu envers lui. La préoccupation de Michée était sa propre personne (17:13) et non le respect de la Parole de Dieu. Malheureusement, nous n’avons aucune indication sur le fait que Michée se réjouissait d’avoir fait disparaitre les idoles mais plutôt d’avoir fait venir le lévite chez lui. 

 

Quelle confusion religieuse à cette époque synonyme de la perte de la compréhension des rôles de chacun et des fonctions de la Maison de Dieu ! L'Oubli surtout de la Parole de Dieu et de Dieu lui-même ! 

 

Il est possible de se tromper sur la suite à donner au moment de la repentance et de la conversion.  Cette tromperie s’installera si la Parole de Dieu n’est pas scrupuleusement suivi. L’absence de « sola scriptura » comme guide suprême laisse place aux décisions émotionnelles même si elles semblent spirituellement logiques.

 

Nous devons garder à l’esprit qu’une décision selon notre compréhension des choses divines ne veut pas dire que notre décision est la volonté de Dieu. L’interprétation privée peut nous faire écrire nos histoires d’échec dans le métal fondu. Le disciple de Dieu qui veut être à la hauteur, parfaitement équipé pour toute bonne oeuvre doit constamment se tourner vers les Saintes Ecritures, inspirées de Dieu et utiles pour enseigner, pour refuter, pour redresser, et pour éduquer dans la justice, (2 Timothée 3:16).

 

(1) Juges 17:1.

(2) Chroniques 17-20 ; 1 Rois 22.

(3) 2 Rois 15-18 ; Michée 1:1.

(4) La région d’Ephraïm est située au sud de la région de Manassé et au nord de la région de Benjamin et ses villes de Rama (20 km) et de Beth-El (10 km) et de plus loin la ville de Jérusalem à 35 km environ dans la région de Juda.

(5) Lévitiques 5:1.

(6) Exode 28.

 

 

Sean Dowding, Aumônier

 

 

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Aussi prudent qu’un serpent

on samedi, 23 août 2014. Posted in Réflexions

 

Dans un journal d'études bibliques pour adultes,* il y avait un sujet intitulé "Le Fils" faisant référence à Jésus-Christ. Dans cette leçon, j'étais très attiré par la sagesse de Jésus qui est une leçon de vie dans le domaine des relations humaines. Cette sagesse peut enseigner comment maintenir autant que possible la paix relationnelle sans renier ses convictions de valeurs humaines et spirituelles, son identité, ou son estime de soi.

 

Il y avait dans la culture hébraïque et juive des termes ou des titres qui pouvaient mettre en difficulté Jésus-Christ même si ces titres le désignaient parfaitement.  Un de ces titres était "le Fils de l’homme, » l’un des préférés de Jésus pour se désigner lui-même. Il parle de lui-même à juste titre en tant que Fils de l’homme plus de quatre-vingts fois. Pourtant, ses contemporains ne se sont jamais adressés à lui de cette manière. Selon le texte biblique de Daniel 7.13 et 14, « et voici que sur les nuées du ciel arriva comme un fils d’homme »(Colombe) qui s’avança « vers l’Ancien des jours, » et il a reçu la domination, l’honneur et la royauté, c'est le texte qui a permis aux Juifs d'identifier ce "Fils de l’homme" au Messie. Cette expression était courante dans l’Ancien Testament. Avec une seule exception, elle faisait toujours référence à un humain.

 

En s'attribuant ce titre "Fils de l'homme" l'objectif de Jésus était d'attirer l'attention de son auditoire sur son identité, sa mission, et son humanité. Il fallait que les juifs comprennent que c'était Lui le Messie attendu et par là qu'il était aussi divin qu’humain. Les juifs n'avaient pas compris que le Messie était aussi Dieu. Le Dieu Messie qui allait plus tard "condamner la mort - le péché, dans la chair" (Rom 8:3) et "goûté la mort pour tous" (Hébreux 2:9).  Le texte messianique du prophète Esaïe (chapitre 61) a bien été reconnu en tant que tel par les juifs. Jésus s'est parfaitement attribué l'accomplissement de cette prophétie (Luc 4:16-22) comme étant son ministère messianique et salutaire du moment présent. Dans son allocution, Jésus n'a pas cité "le jour de vengeance" du texte d'Esaïe car c'était réservé au deuxième événement dans l'extrême triomphe et gloire du ciel où il accueillera les "fruits" du travail de l'Eglise à travers le Saint Esprit durant des siècles.** Ce deuxième événement est attendu par tous les fidèles d’aujourd’hui.

 

Le peuple en général n’acceptait pas qu'un deuxième titre exprime aussi parfaitement l’identité de Jésus comme étant le "Fils de Dieu" ayant le droit de s'asseoir à la droite du père l'Eternel Yahweh (Celui qui est). Le titre de « Fils de Dieu » a non seulement été employé par l’ange Gabriel annonçant sa naissance, (Lc 1.35), mais également par plusieurs personnes en s’adressant à Jésus, (Mt 14.33, Mc 15.39, Jean 1.49, 11.27). Le Père a reconnu Jésus comme son Fils lors de son baptême (Mt 3.17), c’est la même chose lors de la Transfiguration (Mt 17.5). Le titre "Fils de Dieu" a été attribué à Jésus par beaucoup, pourtant il ne l'a pas accepté ouvertement. Il ne l'a pas nié non plus !

 

Ainsi par le titre « Fils de l’homme » Jésus de plein droit pouvait s'autoproclamer Messie, point sur lequel le peuple prêtait guère d'attention, et il pouvait se laisser acclamer par les autres à juste titre comme le divin "Fils de Dieu" sans subir la lapidation d'un peuple qui serait outré par une auto attribution d'égalité à Dieu. Devant le grand prêtre Caïphe du Sanhédrin-le haut conseil juif garant du respect de la Loi et des traditions juives, Jesus a confirmé publiquement qu'il était bien le "Fils de Dieu" et c'est en effet là que sa mort a été déterminée.

 

Quelle sagesse de Jésus ni de nier ni de confirmer qu'il était le Fils de Dieu jusqu'au moment ou sa mission était à son terme. Son intelligence lui a permis d'éviter les conflits avec ses détracteurs sans renier son identité. Dans une démarche de fuir les conflits et par une mission offensive contre le mal, les maladies et les faux enseignements concernant Dieu, Jésus a réussi son pari qui était de faire apparaître son identité divine et son lien avec Dieu sans les mettre en avant. En effet, ceux parmi les humains qui lui attribuaient le titre de "Fils de Dieu" l'ont fait grâce à leur conviction imprégnée par sa vie puissante en actes de compassion et extraordinaire en prodiges accordant le salut.

 

Pour beaucoup, de toute évidence, il possédait le pouvoir de Dieu tout en étant homme. Certains ont finalement compris que Jésus était humain et divin, le Messie aussi puissant et prudent qu’un serpent et aussi simple qu'un colombe.

 

Sean Dowding, Aumônier

 

*Études Bibliques de l'Ecole du Sabbat, du 5 au 12 juillet, 2014.

**Nichol, Francis D.: The Seventh-day Adventist Bible Commentary, Volume 6. Review and Herald Publishing Association, 1978; 2002, S. 17.

 

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Proverbes 1.7